Pour ce Festival 2014, Minh TRAN, artiste peintre et Jean Claude ALLARD artiste photographe, ont représenté la France à cette odyssée de 15 jours entre Lac Baïkal et Irkoutsk et qui s’est clôturée par l’exposition des œuvres des nombreux artistes qui ont participé à cette belle aventure. Le thème retenu cette année par Alexandre Fofine, son organisateur, président de FranSib : « Evolution de la nature et de l’art. Le regard du créateur »
Jean Claude Allard nous ouvre son carnet de voyage…

« Je suis rentré hier soir de Sibérie. Quel voyage !
On peut lire la beauté du lac Baïkal, mais il faut la vivre. C’est ce que je viens de faire durant deux semaines, suite à l’invitation de l’association AlpeSibérie. En tant qu’artiste photographe j’ai donc participé au festival du Premier Poisson. Je remercie AlpeSibérie ainsi que la ville d’Irkoutsk, l’association FranSib qui ont organisé ce séjour.
Je dois dire que c’est pour moi une expérience unique.
La particularité du lac Baïkal a été mainte fois décrite, les livres ne manquent pas. Certes c’est une des raisons de la magie de ces deux semaines. Mais il y a bien d’autres ingrédients qui en ont fait des semaines extraordinaires. Il y a la rencontre avec le peuple russe et sa culture que je ne connaissais pas. Mais il y a bien plus. La rencontre avec des artistes de Russie et de Mongolie. Nous avons des langues différentes, des langages artistiques différents, des techniques diverses. Et c’est ce mélange qui est un catalyseur essentiel pour la création.
Il faut souligner que la vie commune au quotidien, que ce soit pour le partage des repas, des activités artistiques, des ateliers, des feux de camp, mais aussi des diverses excursions (Ile d’Olkhon, Jord et sa montagne sacrée…) on nourri de vraies rencontres.
Nous avons bien sûr réalisé des œuvres individuelles. Comme le travail s’effectuait dans la proximité il y a forcément une émulation qui se retrouve dans ces œuvres. Mais nous avons aussi réalisé des œuvres communes telles une grande toile, et une fresque sur un mur de la ville d’Irkoutsk. Sans parler de la belle exposition de tous nos travaux. Mais rien n’aurait pu se faire sans la chaleur de l’accueil, l’investissement des associations, et l’organisation de toutes ces journées.
Personnellement j’ai trouvé ces rencontres humainement chaleureuses et très stimulantes pour la création. Je reviens donc avec des amitiés tissées à Irkoutsk, au Baïkal et jusqu’à Oulan-Bator ! L’envie aussi de poser parfois les objectifs pour prendre plus souvent crayons et pinceaux…
Je n’ai qu’un souhait : retourner à Irkoutsk, au Baïkal et découvrir Oulan-Bator.
Mon travail photographique s’est nourri à la fois des constructions typiques de la Sibérie, du lac, de la nature… Il se retrouve dans les photos exposées et sous la forme d’un Diaporama, sous le titre « Eclats du Baïkal ».
J’ai poursuivi ma recherche à Irkoutsk même, mais j’ai devant moi un travail de mise en forme sur cette ville que je poursuivrai donc en Savoie, avec à l’esprit ces moments forts de partage !
Ma curiosité m’a poussé au voyage. Ainsi je suis tombé amoureux des déserts et plus particulièrement du Sahara, puis de l’Asie. J’ai trouvé des liens entre la Sibérie et les déserts. La douceur des formes, les immenses étendues, les grands à-plats de couleur si ce n’est dans des tonalités différentes. Vous ne serez donc pas étonnés de mon attachement aux paysages sibériens.
Quant au lac Baïkal, il a prolongé généreusement et à sa manière mes images de reflets qu’on retrouve par ailleurs dans ma série « Carrément ».
J’ai eu plaisir à participer, modestement, aux moments de croquis dans les rues d’Irkoutsk et à la fresque sur un mur.
Voilà pour l’essentiel, toujours sous le charme et l’émerveillement »