Le lac d’ANNECY :

-Le lac d’Annecy est situé dans la vallée qui sépare les deux massifs pré-alpins appelés Bornes (au Nord-est) et Bauges (au Sud-Ouest). Cette vallée fut calibrée par les glaciers qui s’écoulaient vers la plaine au Nord-Ouest il y a environ 18 000 ans. Ils ont déposé devant eux une masse importante de sédiments caillouteux (une moraine glaciaire) qui constitue un « verrou » dans le relief, derrière lequel les eaux se sont accumulées…et sur laquelle la ville d’Annecy est construite.

– C’est le plus petit (27 km2) des trois lacs alpins français. Situé à 447 m d’altitude, il est composé d’une double cuvette, l’une dite le « grand lac » qui s’étire sur 10 km et l’autre le « petit lac » longue de 4 km. Les fonds affleurent entre les cuvettes (rocher du Roselet au droit du village de Duingt) et rendent précautionneuse la navigation à cet endroit.

– La profondeur moyenne du lac est de 42 m mais l’on atteint 80 m à l’endroit de la source sous-lacustre qui l’alimente (le « Trou du Boubioz), alimentation qui est complétée par les rivières qui recueillent l’eau des montagnes environnantes. Les deux cours d’eau les plus importants se jettent au « Bout du Lac » ; ce sont l’Eau Morte et l’Ire. Le troisième en importance est le Laudon sur les alluvions duquel se situe la commune de Saint-Jorioz (rive gauche). Un jeu de vannes disposé sur les canaux de la ville avait la double mission de réguler la hauteur des eaux du lac et de transformer l’eau en énergie motrice. Certaines vannes pittoresques subsistent mais l’efficacité de la régulation est due à un volet mobile mais invisible parce qu’immergé (installé en 1965).

– Une quinzaine d’espèces de poissons peuple les eaux du lac. Certains sont importés (comme la truite arc-en-ciel, corégones telle la féra…) d’autres sont endémiques (omble- chevalier). Il n’y a que quatre pêcheurs professionnels…mais un millier d’amateurs plus ou moins assidus ! Les quantités pêchées sont bien insuffisantes pour satisfaire la demande des nombreux restaurateurs locaux…

– Son attrait touristique est important, tant par lui-même (plongée, voile, ski nautique…)que par le cadre montagneux qui l’entoure et qui, parcouru par de nombreux sentiers de randonnées, recèle, en outre, de nombreux sites de parapente et , bien sûr, d’importantes stations de ski. Le Massif de la Tournette (2351 m, point culminant des sommets qui entourent le lac) se reconnaît facilement de même que le Mont-Veyrier ou le massif du Semnoz pour n’en citer que quelques uns.

– L’exutoire des eaux du lac est une rivière nommée Thiou et qui est la colonne vertébrale de la ville d’Annecy. C’est sur ses deux rives que se situe la « Vieille Ville ». La longueur de son cours n’est que de 3.5 km car elle se jette rapidement dans le Fier, affluent du Rhône. Les autres canaux qui irriguent la vieille ville sont artificiels : canal du Vassé…

D’un lac à l’autre…d’une ville à l’autre !

Si Baïkal est un mot magique qui fait rêver un grand nombre d’habitants de notre planète, Annecy est, pour les français et même de nombreux européens, associée à l’image d’une « très belle ville ».
On dit d’elle quelle est la « Venise des Alpes »…même si un seul canal la traverse !

Mais ici la ville borde le lac et lui donne son nom, alors que là-bas, en Sibérie, le prestige du lac laisse un peu dans l’ombre la ville voisine, Irkoutsk.

ANNECY : quelques pages d’histoire…

⁃ Des traces d’un village lacustre à l’entrée du Thiou , la rivière qui traverse la ville aujourd’hui remontent à 2000 ans avant notre ère.
⁃ Mais la première installation humaine d’importance s’implanta dans la plaine des Fins, au Nord du lac et assez éloignée de celui-ci. Cette ville romaine se nommait Boutae. Elle fut créee vers 50 avant JC et disparut vers le Vème siècle à la suite à différentes invasions.
⁃ Une nouvelle installation se fit au IX ème siècle sur le coteau qui borde cette plaine à l’Est. Ainsi s’explique le nom de la commune d’Annecy-le-Vieux qui correspondait à cette installation et la confusion fréquente faite avec la vieille ville d’Annecy .
⁃ Les fondements de la ville actuelle ,qui fut un temps appelée Annecy-le Neuf remontent au XIème siècle sur les rives du Thiou, où s’élevèrent des remparts et que surplombe aujourd’hui le château, dont la Tour de la Reine est le plus ancien vestige. L’Annecy du Moyen-Age devint rapidement une petite ville, centre d’échange et de commerce, mais aussi d’industries, le Thiou fournissait la force motrice des moulins qui actionnaient des meules et des soufflets de forge. Tanneurs, potiers, couteliers voisinaient avec des fabricants d’épées. Et c’est du XIIème siècle que date le Palais de l’Isle, le monument le plus photografié de nos jours !
⁃ Le XIIIème siècle vit l’installation du Comte de Genève, qui, en conflit avec l’évêque de sa ville se transporta à Annecy. De là date l’extension de la ville jusqu’à la porte de la rue Filaterie par exemple.
⁃ Le XVème siècle fût marqué par le rachat du Comté par le Duc de Savoie (le dernier Comte de Genève étant mort sans héritier) et le XVIème siècle par l’installation de l’évêque de Genève à Annecy pour fuir la Réforme protestante. A partir de 1533, la ville gagne une notoriété beaucoup plus grande.
⁃ Au XVIIIème siècle, la « promotion » du Duc de Savoie qui devient Roi de Sardaigne en1718 fait qu’Annecy se retrouve dans ce royaume qui prit plus tard le nom de Royaume de Piémont-Sardaigne ,elle y resta jusqu’en 1860. A cette date la famille de Savoie devint la famille royale d’Italie mais la Savoie fut rattachée à la France. Elle avait déjà connu une parenthèse française puisque, à la suite de l’invasion par les armées de la Révolution française en 1792, la Savoie était devenue le 84 ème département français sous le nom de « Département du Mont-Blanc » , elle le resta jusqu’à la chute de l’Empire en 1815.
⁃ Le XIXème siècle est le théâtre de l’essor et des transformations les plus rapides de la ville. Le développement industriel a démarré très tôt, puisque la manufacture de coton comptait 700 ouvriers en 1812, à l’époque du Département français du Mont-Blanc , mais aussi des papeteries, des forges s’installent…En 1866, l’arrivée du chemin de fer permet les premiers balbutiements de l’activité touristique, qui se développe assez rapidement, la preuve en est la création du Syndicat d’Initiative dès 1895. C’est donc au cours de ce siècle que se mettent en place les bases économiques actuelles : industrie, tourisme, administration : la préfecture est construite peu après le rattachement de la Savoie à la France en 1860).
⁃ Le XXème siècle commence avec la 1ère Guerre Mondiale, très meurtrière pour Annecy comme pour tout le pays. Une conséquence liée à la participation à l’effort de guerre fut l’implantation d’une usine de roulements à bille en 1917 , il faut dire que la ville a l’électricité depuis 1906 grâce aux centrales hydroélectriques implantées sur le Fier. Si l’industrie s’ancre définitivement dans le paysage annécien, c’est aussi grâce à l’action d’entrepreneurs emblématiques dont certaines entreprises actuelles portent encore le nom : Crolard (les autocars), Laydernier (la banque), Aussedat (les papeteries récemment disparues). Les « congés payés » instaurés en 1936 permettent de développer un tourisme plus populaire en ville et autour du lac. L’occupation nazie, la milice collaborationniste et les trois bombardements aériens qui visent l’usine de roulements font souffrir Annecy pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Mais l’oeuvre de la Résistance est forte et prestigieuse comme en témoigne celle du Plateau des Glières tout proche.

ANNECY : aujourd’hui…

⁃ Le Château, le Palais de l’Isle, des maisons à arcades et aux façades colorées font la joie des visiteurs. Mais loin de se limiter à la seule activité touristique, la vie économique de la ville et de son agglomération (150 000 habitants environ) comporte aussi un secteur industriel de pointe, des services et commerces de haute qualité, d’une section de l’Université de Savoie…
⁃ Annecy a bénéficié économiquement des « Trente Glorieuses » et a moins souffert que la moyenne des difficultés économiques apparues dès 1973. Mais si l’entreprise des rasoirs Gilette a eu une usine et même son siège social dans la commune dans le cadre de la décentralisation économique d’après-guerre, elle en est repartie depuis.
⁃ L’industrie reste cependant une activité économique essentielle aussi bien par les nombreuses PME (souvent sous-traitantes) que par les grands groupes (les fromageries Entremont, les roulements à billes NTO-SNR, Salomon, Dassault…).
⁃ L’activité commerciale est soutenue par la taille de l’agglomération, la fréquentation touristique et la proximité de Genève…et donc par une clientèle nombreuse et suffisamment fortunée. A noter que c’est dans le sous-sol d’un magasin de vêtements de la famille Fournier, au centre –ville, qu’est née en 1962 une petite épicerie devenue le groupe de distribution mondial Carrefour.
⁃ En tant que Chef-lieu du département de la Haute-Savoie, Annecy est le siège de nombreux organismes publics (Tribunal, Hôpital, Université…) ou privés dans le secteur économique et financier. En plus des pôles culturels variés (conservatoire de musique et de danse, scène théâtrale nationale Bonlieu…) la ville attire chaque année en Juin les journalistes de la planète entière pour le plus important Festival de Cinéma d’animation au monde !
⁃ Annecy mérite son qualificatif de « belle ville », mais pas seulement par ses qualités touristiques. Il faut aussi considérer que l’extension urbaine, très forte dans l’après-guerre et encore soutenue aujourd’hui, a été maîtrisée. Les municipalités sous l’égide du maire Bernard Bosson (1954-1975) ont toujours eu le souci de la mixité sociale dans le développement des nouveaux quartiers ce qui évite à la ville les gros problèmes des « cités ».